La montée du santé numérique modifie profondément l’organisation des soins et les relations entre patients et professionnels. Les solutions de télésanté et de téléconsultation multiplient les points d’accès aux données médicales, exigeant une attention renouvelée sur la sécurité.
Les récents incidents ciblant des hôpitaux ont montré l’ampleur des risques pour la disponibilité des services et la confidentialité des données. Ces constats appellent des priorités concrètes, exposées dans la section suivante.
A retenir :
- renforcement rapide de la cybersécurité des établissements de santé
- conformité stricte aux référentiels PGSSI-S et HDS européens
- authentification forte et fiable des professionnels via HospiConnect
- protection renforcée de la confidentialité des données patients
Sécurité des données patients et PGSSI-S
Pour mettre en œuvre ces priorités, la PGSSI-S fixe des repères applicables dès la conception des projets. Elle encourage une approche par paliers pour adapter les niveaux de sécurité selon la maturité des établissements. Selon la PGSSI-S, cette méthode facilite l’amélioration continue des dispositifs de protection.
DPI et exigences d’hébergement HDS
En lien avec la PGSSI-S, le DPI et le dossier patient informatisé imposent des règles strictes d’hébergement et de souveraineté. La certification HDS v2 précise des obligations de localisation et de transparence pour les hébergeurs. Selon le Journal officiel, la version 2 du référentiel améliore la visibilité pour les clients et renforce les critères de souveraineté.
Élément
Exigence
Source
Hébergement
Localisation dans l’EEE et transparence
Référentiel HDS v2
Certification HDS
Audit documentaire puis audit sur site
Journal officiel mai 2024
Durée du certificat
Trois ans, audit de surveillance annuel
Code de la santé publique
Archivage
HDS obligatoire pour archivage électronique
Loi du 21 mai 2024
Principaux points DPI :
- exigence d’hébergement sécurisé et traçabilité
- gestion fine des droits d’accès et des habilitations
- journaux d’audit et conservation des traces
« Depuis la mise à jour HDS, notre clinique documente mieux les flux et a renforcé l’accès par profils »
Marc L.
Ces obligations techniques posent la question concrète des pratiques locales d’identification, en particulier pour les accès distants et la télésanté. La suite examine les solutions d’authentification adaptées à ces contraintes.
Authentification et HospiConnect pour la télésanté sécurisée
À partir des exigences d’hébergement et du DPI, l’authentification devient un point central pour la protection des échanges en e-santé. Les programmes nationaux soutiennent le déploiement d’identités numériques robustes pour les soignants. Selon le programme CaRE, HospiConnect vise à simplifier et sécuriser cette authentification en établissements.
HospiConnect et identification électronique
En lien direct avec les référentiels, HospiConnect propose un cadre d’identification sécurisé pour les professionnels. L’appel à projets initial a retenu quinze lauréats qui expérimentent des solutions conformes aux exigences. Selon le pilotage, ces retours d’expérience alimentent la conception des services à grande échelle.
Fonctions HospiConnect :
- authentification à deux facteurs pour accès critiques
- annuaire professionnel centralisé et sécurisé
- gestion des habilitations basée sur les rôles
- interopérabilité avec les solutions locales
« J’utilise l’authentification HospiConnect depuis six mois et cela a réduit les erreurs d’habilitation »
Élodie D.
Composant
Bénéfice
Exigence
2FA
Réduction des accès non autorisés
Conforme au RIE v2
Annuaire
Gestion fine des habilitations
PGSSI-S
Journalisation
Traçabilité et preuve d’accès
RGPD / HDS
Interopérabilité
Partage sécurisé entre acteurs
Règles EEDS
Un chantier opérationnel reste la sécurisation des accès distants, notamment pour la téléconsultation et les plateformes de télésanté. Le réexamen des procédures d’accès conditionne le renforcement global que nous verrons ensuite.
Cybersécurité santé, continuité et réponse aux incidents
Après avoir sécurisé l’accès, la cybersécurité santé doit garantir la continuité des soins lors d’incidents majeurs. Les établissements doivent élaborer des plans de reprise et tester régulièrement leurs procédures. Selon le programme CaRE, plus de deux mille exercices de crise ont été réalisés ou planifiés, ce qui renforce la préparation collective.
Plans de continuité et exercices de crise
En prolongement des mesures d’authentification, la stratégie de continuité structure la réponse aux attaques et pannes. Le programme CaRE a piloté des kits d’exercice et une déclinaison médico-sociale en test dans des établissements pilotes. Selon la DGOS et les ARS, ces exercices permettent d’identifier des faiblesses opérationnelles avant qu’un incident réel n’affecte les patients.
Mesures de continuité :
- sauvegardes régulières et chiffrées hors site
- plans de reprise d’activité documentés et testés
- exercices de crise impliquant équipes cliniques et DSI
- centres régionaux de ressources cyber disponibles
« Lors d’un exercice, notre service a identifié un point de défaillance critique que nous avons corrigé ensuite »
Sophie R.
Détection, réponse et gouvernance
La détection précoce et la gouvernance des incidents constituent l’ultime rempart pour protéger les données patients. Les exigences SSI imposent des audits réguliers, des tests d’intrusion par des prestataires qualifiés et une gestion rigoureuse des correctifs. Selon la CNIL et l’ANSSI, la mise en œuvre coordonnée de ces mesures restaure la confiance des usagers et limite la durée des interruptions de service.
Domaine
Objectif
Statut
Audits techniques
Identification des vulnérabilités
déployé partiellement
Stratégie continuité
PRA et sauvegardes validées
en développement
HospiConnect
Authentification fiable des soignants
appel à projets, expérimentations
Accès distants
Sécurisation des connexions externes
à prioriser
Postes et détection
Renforcement des endpoints
en cours
« La gouvernance a changé notre manière de documenter les incidents et de communiquer aux patients »
Paul G.
La combinaison d’une authentification robuste, d’un hébergement certifié et de plans opérationnels constitue l’armature d’une cybersécurité santé efficace. Le passage vers une résilience maîtrisée exige un engagement continu des équipes cliniques et techniques.
Source : Ministère des Solidarités et de la Santé, « Doctrine Numérique Santé 2025 », Ministère ; CNIL, « Projet de recommandation – Dossier patient informatisé », CNIL ; ANSSI, « NIS2 transposition », ANSSI.